Emploi

Réforme des retraites 2026 : où en est-on ?

À retenir : Réforme des retraites suspendue jusqu'en 2028 : âge légal gelé pour les générations 1964-1968, carrières longues assouplies. Ce qui change en 2026.

Reportée, votée, contestée, puis suspendue : la réforme des retraites de 2023 a connu un parcours mouvementé. En 2026, la donne a changé. Le relèvement de l’âge légal est gelé pour plusieurs générations. Voici qui est concerné et ce que ça change concrètement.

La suspension : le fait marquant de 2026

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu le cœur de la réforme de 2023, à savoir le recul progressif de l’âge légal vers 64 ans et l’allongement de la durée d’assurance. La suspension court jusqu’au 1er janvier 2028, date à laquelle le relèvement reprendrait, sauf nouvelle décision politique.

Concrètement, le passage à 64 ans ne s’applique plus aux personnes nées entre 1964 et 1968. Pour ces cinq générations, l’âge légal reste figé entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois selon l’année de naissance. Le seuil de 64 ans ne concernera que les personnes nées à partir de 1969, et seulement si la réforme reprend en 2028.

Qui part plus tôt grâce à la suspension

Les générations 1964 et 1965 sont les grandes gagnantes : elles bénéficient à la fois du gel de l’âge et du nombre de trimestres requis. Les carrières longues sont aussi assouplies : ceux qui ont commencé à travailler tôt (avant 16, 18, 20 ou 21 ans) voient leur départ anticipé facilité pendant la suspension. Au total, environ 64 000 personnes pourront partir plus tôt en 2026 que ce que prévoyait la réforme.

Comment se calcule une pension

Au-delà de l’âge, le montant dépend de la carrière. Le régime de base (le régime général pour les salariés du privé) verse une pension égale à 50 % du salaire annuel moyen des 25 meilleures années, à condition d’avoir le taux plein.

Le taux plein s’obtient de deux façons :

  • en réunissant le nombre de trimestres requis (autour de 168 à 172 selon la génération) ;
  • ou, à défaut, en atteignant l’âge du taux plein automatique (67 ans), quel que soit le nombre de trimestres.

Partir sans le taux plein entraîne une décote définitive ; travailler au-delà génère une surcote. À cette pension de base s’ajoute la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, calculée en points accumulés tout au long de la carrière.

Préparer sa retraite, quel que soit le calendrier

La suspension change le calendrier, pas le fond : les pensions remplacent rarement la totalité du dernier salaire, et l’écart se creuse pour les revenus élevés. Anticiper reste utile.

  • Vérifiez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr et corrigez les trimestres manquants tôt.
  • Pour compléter, le PER (plan épargne retraite) permet de se constituer un capital tout en déduisant les versements de son revenu imposable, un avantage d’autant plus marqué que la tranche d’imposition est haute.
  • Estimez votre futur niveau de vie en rapportant la pension attendue à votre salaire actuel : c’est ce ratio, le taux de remplacement, qui mesure l’effort d’épargne à fournir.

Le contexte politique reste mouvant : la reprise prévue en 2028 dépendra des décisions à venir. Raison de plus pour piloter sa retraite sur ce qu’on maîtrise, son épargne et sa carrière, plutôt que sur un calendrier incertain.

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