À retenir : Stagflation, désinflation et déflation expliquées : trois mots souvent confondus, ce qu'ils signifient vraiment et pourquoi ils n'appellent pas les mêmes réponses.
Trois mots reviennent dans les commentaires économiques, souvent confondus : stagflation, désinflation, déflation. Ils décrivent des situations très différentes, qui n’appellent pas les mêmes réponses. Voici comment les distinguer.
Le point de départ : l’inflation
Pour s’y retrouver, il faut partir de l’inflation, c’est-à-dire la hausse générale des prix sur un an. Une inflation de 3 % signifie que les prix ont monté de 3 % en moyenne. Les trois notions qui suivent décrivent des variations autour de cette idée.
Désinflation : la hausse ralentit
La désinflation, c’est quand l’inflation baisse mais reste positive. Les prix continuent d’augmenter, mais moins vite qu’avant. Passer d’une inflation de 6 % à 3 % est de la désinflation : la vie continue de renchérir, à un rythme plus lent.
C’est exactement ce qu’a connu la zone euro après le pic de 2022-2023 : l’inflation a reflué progressivement, sans que les prix baissent pour autant. La désinflation est généralement une bonne nouvelle, recherchée par les banques centrales.
Déflation : les prix baissent
La déflation est le contraire de l’inflation : une baisse générale des prix, soit une inflation négative. Cela peut sembler agréable, mais c’est en réalité redouté.
Quand les prix baissent durablement, les ménages reportent leurs achats en attendant qu’ils baissent encore, ce qui casse la consommation. Les entreprises voient leurs revenus reculer, réduisent les salaires et l’investissement. La dette, elle, devient plus lourde en valeur réelle, puisque les revenus baissent mais pas les montants à rembourser. C’est la spirale déflationniste, dont le Japon a mis des années à sortir.
Stagflation : le pire des deux mondes
La stagflation combine deux maux qu’on observe rarement ensemble : une inflation élevée et une croissance en panne, souvent accompagnée d’un chômage qui monte. D’où le nom, contraction de stagnation et inflation.
C’est la situation la plus inconfortable pour une banque centrale. D’ordinaire, elle relève les taux pour calmer l’inflation, ou les baisse pour soutenir la croissance. En stagflation, les deux problèmes coexistent : combattre l’inflation freine encore l’activité, soutenir l’activité nourrit l’inflation. Les chocs pétroliers des années 1970 en restent l’exemple de référence.
Ce qu’il faut retenir
Désinflation : l’inflation ralentit, c’est plutôt sain. Déflation : les prix baissent, c’est dangereux. Stagflation : prix qui montent et économie qui cale, le scénario le plus difficile. Ces situations changent la donne pour votre épargne et vos crédits, en modifiant les taux et le pouvoir d’achat. Pour le lien entre activité et cycles, voyez notre guide récession et croissance.
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