À retenir : Comprendre la courbe des taux et le spread OAT-Bund : ce que mesure l'écart France-Allemagne, pourquoi il bouge et ce qu'une courbe inversée signale.
Deux indicateurs reviennent dès qu’on parle des marchés obligataires : la courbe des taux et le spread OAT-Bund. Le premier renseigne sur les anticipations économiques, le second sur la confiance des investisseurs dans la dette française. Voici comment les lire en 2026.
La courbe des taux : le prix du temps
La courbe des taux représente le rendement d’une dette selon sa durée. Sur l’axe horizontal, les maturités (de quelques mois à 30 ans) ; sur l’axe vertical, le taux d’intérêt correspondant. Elle prend trois grandes formes.
Normale (ascendante) : les taux longs sont plus élevés que les taux courts. C’est la situation habituelle : prêter sur 10 ans est plus risqué que sur 2 ans, donc mieux rémunéré.
Plate : les taux courts et longs se rejoignent. Signe d’incertitude sur la trajectoire économique.
Inversée : les taux courts dépassent les taux longs. C’est le signal qui inquiète : il traduit l’anticipation par les marchés d’un ralentissement, voire d’une récession, et de futures baisses de taux. Historiquement, une inversion durable a souvent précédé les récessions.
La forme de la courbe dépend des taux directeurs fixés par la banque centrale pour le court terme, et des anticipations des marchés pour le long terme.
Le spread OAT-Bund : la prime de risque française
Le spread OAT-Bund mesure l’écart de rendement entre l’obligation d’État française à 10 ans (l’OAT) et son équivalent allemand (le Bund), exprimé en points de base (1 point = 0,01 %).
Le Bund allemand sert de référence sans risque de la zone euro. L’écart avec l’OAT mesure donc la prime que les investisseurs exigent pour prêter à la France plutôt qu’à l’Allemagne. Plus le spread est large, plus le marché juge la dette française risquée.
Mi-2026, ce spread se situe autour de 60 points de base : l’OAT à 10 ans rend environ 3,75 %, contre 3,06 % pour le Bund. Il a frôlé les 90 points de base à plusieurs reprises en 2024 et 2025, lors des épisodes d’instabilité politique française.
Pourquoi un spread qui s’élargit coûte cher
Un spread qui s’écarte n’est pas qu’un thermomètre : il a un coût réel. Quand les investisseurs exigent un rendement plus élevé, l’État emprunte plus cher, ce qui alourdit la charge de la dette publique et réduit les marges budgétaires. La perception du risque dépend largement de la trajectoire des finances publiques et de l’avis des agences de notation.
Ce qu’il faut retenir
La courbe des taux dit où les marchés pensent que va l’économie ; le spread OAT-Bund dit ce qu’ils pensent de la France en particulier. Les deux se suivent au quotidien pour anticiper l’évolution des taux, qui finissent par se répercuter sur le crédit et l’épargne. Pour le fonctionnement des titres eux-mêmes, voyez notre guide obligations.
Partenaire
Boursorama Banque
Banque en ligne N°1 - 0€ de frais