Conjoncture

Pétrole en hausse, marchés divisés : une semaine sous tension

Une inflation qui repart à la hausse

Mauvaise nouvelle sur le front des prix : l’inflation en zone euro a accéléré à 2,6 % en glissement annuel, contre 2,4 % le mois précédent. Ce rebond, mesuré selon l’indice IPCH, complique la tâche de la Banque centrale européenne (BCE), dont le taux directeur est actuellement fixé à 2,5 %. Alors que les marchés espéraient une poursuite des baisses de taux, cette résurgence de l’inflation pourrait inciter la BCE à adopter une posture plus prudente dans les semaines à venir. Sur le marché du travail, le chômage s’établit à 8,3 % au quatrième trimestre 2025, un niveau qui reste préoccupant mais stable.

Le pétrole s’emballe, l’or brille de mille feux

La hausse la plus marquante de la semaine est sans conteste celle du pétrole. Le baril de Brent a bondi de 3,07 % pour atteindre 104,72 dollars, un niveau qui ravive les inquiétudes sur le pouvoir d’achat des ménages et les coûts de production des entreprises. Cette flambée, alimentée par des tensions géopolitiques persistantes et des signaux de resserrement de l’offre, contribue directement au regain d’inflation observé en zone euro.

Dans ce contexte d’incertitude, l’or confirme son statut de valeur refuge. Le métal précieux a progressé de 1,24 % sur la semaine pour s’établir à 4 216,30 dollars l’once, un niveau record. Les investisseurs semblent chercher à se protéger contre les risques inflationnistes et géopolitiques, ce qui soutient mécaniquement la demande pour l’or.

Des marchés actions à deux vitesses

Côté Bourse, la semaine a été marquée par une divergence transatlantique. Le CAC 40 a légèrement reculé de 0,39 % pour clôturer à 7 803 points, pénalisé par la remontée de l’inflation européenne et la hausse des coûts énergétiques. À l’inverse, le S&P 500 américain a progressé de 0,65 % à 7 812 points, porté par des indicateurs économiques américains jugés solides. La paire EUR/USD reste quasiment stable à 1,1206 (+0,02 %), signe d’un certain équilibre entre les deux zones économiques.

Du côté des cryptomonnaies, le Bitcoin a cédé 2,00 % à 83 537 dollars, tandis qu’Ethereum a subi une correction plus sévère de 5,67 % à 2 544 dollars. L’appétit pour le risque dans ce segment reste fragile, dans un contexte où les actifs traditionnels dits sûrs captent l’attention.

Un sentiment globalement optimiste, mais des risques à surveiller

Malgré ces tensions, le baromètre de sentiment des marchés affiche un score de 65 sur 100, plaçant les investisseurs en zone d’optimisme. Ce paradoxe apparent s’explique par la résilience des marchés actions américains et la solidité de certains indicateurs macroéconomiques. Toutefois, la combinaison d’une inflation repartie à la hausse, d’un pétrole coûteux et d’une BCE en position délicate constitue un cocktail à surveiller de près.

La semaine prochaine, les regards se tourneront vers les nouvelles publications de données d’inflation aux États-Unis ainsi que vers toute prise de parole des membres de la BCE, susceptibles d’orienter les anticipations sur les taux directeurs.

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