Le pétrole reprend du souffle et complique la donne
La tendance dominante de cette semaine aura sans conteste été la flambée du pétrole. Le baril de Brent a bondi de +8,71% pour s’établir à 104,32 dollars, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis plusieurs mois. Cette hausse brutale, alimentée par des tensions sur l’offre mondiale et des signaux de reprise de la demande en Asie, est venue rebattre les cartes pour les investisseurs. Elle ravive en effet le spectre d’une inflation durablement élevée, au moment même où les banques centrales pensaient souffler.
L’inflation repart à la hausse, la BCE sous surveillance
Mauvaise nouvelle sur le front des prix : l’inflation en zone euro, mesurée par l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), a accéléré à 2,6% en glissement annuel, contre 2,4% le mois précédent. Ce rebond, en partie lié à la remontée de l’énergie, intervient alors que la Banque centrale européenne maintient son taux directeur à 2,5%. La question se pose désormais avec acuité : la BCE pourra-t-elle poursuivre une éventuelle détente monétaire si l’inflation refuse de redescendre vers sa cible des 2% ? Les marchés obligataires ont réagi avec prudence, et les regards sont désormais tournés vers les prochaines déclarations de Francfort.
Côté emploi, le taux de chômage pour le quatrième trimestre 2025 s’établit à 8,3% en zone euro, un chiffre stable qui ne donne pour l’instant aucun signal d’alarme sur le marché du travail, même si la croissance reste fragile.
Les marchés financiers en ordre dispersé
Les Bourses ont affiché une semaine contrastée. Le CAC 40 a reculé de 0,75% à 8 078 points, pénalisé par la remontée du pétrole et les craintes inflationnistes. Outre-Atlantique, le S&P 500 a quant à lui résisté, terminant presque à l’équilibre avec une légère progression de +0,09% à 7 743 points, soutenu par de bonnes publications de résultats d’entreprises.
Du côté des devises, l’euro a reculé face au dollar, avec une paire EUR/USD en baisse de 0,76% à 1,1403. Ce recul reflète à la fois la solidité relative de l’économie américaine et les incertitudes européennes. L’or, valeur refuge par excellence, a lui aussi cédé du terrain (-1,50% à 4 321,20 dollars l’once), signe que le regain d’appétit pour le risque n’a pas totalement disparu.
Les cryptomonnaies ont subi une correction notable : le Bitcoin a perdu 3,04% à 83 321 dollars et l’Ethereum a reculé de 3,81% à 2 651 dollars, dans un contexte de prise de bénéfices et d’aversion au risque liée à la hausse du pétrole.
Un sentiment globalement optimiste malgré les turbulences
Malgré ces secousses, le baromètre de sentiment des marchés reste en zone d’optimisme à 72 sur 100. Les investisseurs semblent donc considérer ces tensions comme temporaires plutôt que structurelles. La semaine prochaine sera néanmoins décisive : les publications des chiffres d’emploi américains et les premières estimations d’inflation pour octobre seront scrutées à la loupe pour déterminer si cette résistance optimiste est encore justifiée.