Le pétrole s’emballe et rebat les cartes
La tendance dominante de la semaine du 31 août au 4 septembre est venue des marchés de l’énergie. Le baril de Brent a bondi de +8,85% pour s’établir à 96,28 dollars, une progression spectaculaire qui a immédiatement ranimé les craintes inflationnistes en Europe comme outre-Atlantique. Cette flambée, alimentée par des tensions géopolitiques persistantes et une décision de l’OPEP+ de maintenir ses restrictions de production, a redistribué les cartes sur l’ensemble des places financières mondiales.
Une inflation qui repart à la hausse en zone euro
Mauvaise nouvelle du côté des prix : l’inflation IPCH en zone euro ressort à 2,4% en glissement annuel, contre 2,0% le mois précédent. Ce rebond, en partie lié à la hausse de l’énergie, complique la tâche de la Banque centrale européenne (BCE), dont le taux directeur se maintient à 2,25%. La question d’un éventuel resserrement monétaire supplémentaire refait surface, alors que beaucoup d’observateurs espéraient une pause durable dans le cycle de hausse des taux. Côté emploi, le taux de chômage s’établit à 8,3% au quatrième trimestre 2025, un niveau stable qui ne suffit pas à rassurer face à la pression croissante sur le pouvoir d’achat des ménages.
Des marchés en ordre dispersé
La semaine a été contrastée selon les zones géographiques. Le CAC 40 a cédé -0,67% pour clôturer à 8 279 points, pénalisé par la remontée de l’inflation et la perspective d’une politique monétaire plus restrictive. À l’inverse, le S&P 500 américain a progressé de +0,61% à 7 719 points, porté par des résultats d’entreprises solides et une économie américaine qui continue de surprendre par sa résilience.
Du côté des actifs alternatifs, le Bitcoin a grimpé de +1,33% à 79 599 dollars, tandis que l’Ethereum gagnait +1,25% à 2 498 dollars, confirmant un regain d’appétit pour le risque sur les cryptomonnaies. L’or, valeur refuge par excellence, est resté quasi stable à 4 476,60 dollars l’once (-0,10%), comme si les investisseurs hésitaient encore sur la direction à prendre. La paire EUR/USD a légèrement progressé à 1,1622 (+0,22%), l’euro bénéficiant d’anticipations de taux européens plus élevés.
Un optimisme prudent malgré les vents contraires
Malgré ces tensions, le baromètre de sentiment des marchés ressort à 68/100, ancré en zone d’optimisme. Les investisseurs semblent faire le pari que la hausse du pétrole restera temporaire et que les banques centrales sauront naviguer sans provoquer de récession. Un pari risqué, mais qui traduit une confiance relative dans la solidité des fondamentaux économiques.
La semaine à venir sera décisive : les prochaines déclarations de la BCE et les chiffres américains de l’emploi pourraient bien confirmer — ou infirmer — cet optimisme fragile.