Les économistes
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A
B
Frédéric Bastiat : économiste français (1801-1850). Il est
surtout connu pour avoir repris sous une forme claire et élégante les
grands principes des théories classiques. Il se distingue toutefois par
quelques originalités : l'importance qu'il accorde aux services et sa
conviction qu'il existe des rendements croissants dans l'agriculture
et dans l'industrie. C'est donc un libéral optimiste, contrairement par
exemple à Ricardo.
Eugen Von Böhm Bawerk : économiste autrichien (1851-1914).
Il apporte aux théories marginalistes une dimension temporelle. Sa théorie
est en effet fondée sur l'idée que les individus ont une préférence pour
le présent, ce qui conditionne toute sa théorie du capital, justifiant
ainsi l'intérêt et le profit. On lui doit également la notion de "détour
de production", désignant les biens intermédiaires dont le nombre
a tendance à augmenter, allongeant ainsi le processus de production dans
le but de le rendre plus productif.
C
Augustin Cournot : économiste et mathématicien français (1801-1877).
Pionnier de l'économie mathématisée et du marginalisme, il a surtout
travaillé sur l'équilibre du marché dans différentes configurations de
la concurrence (ses études sur le monopole et le duopole sont restées
célèbres).
D
Jules Dupuit : économiste français (1804-1866). L'un des fondateurs
de l'école marginaliste en France. Il est surtout connu pour ses comparaisons
de la situation de monopole privé et public, à l'avantage du second.
E
Francis Isidoro Edgeworth : économiste britannique (1845-1926).
Marginaliste, il a beaucoup travaillé à la représentation mathématique
des préférences humaines. On lui doit la notion de courbes
d'indifférence.
Friedrich Engels : théoricien
allemand (1820-1895). Co-auteur avec K.Marx du "Manifeste
du Parti Communiste", il a complété la théorie marxiste sur
de nombreux points. Sa contribution économique reste toutefois moins
marquante que celle de Marx.
F
Irving Fischer : économiste américain (1867-1947).
Il se situe dans la lignée des marginalistes du XIXe siècle, mais on
lui doit des avancées considérables dans le domaine de la théorie quantitative
de la monnaie, mettant en relation masse
monétaire, activité économique et inflation.
Milton Friedman : économiste
américain (né en 1912). Economiste libéral, d'inspiration néoclassique,
on lui doit surtout les bases des théories modernes sur la monnaie. Chef
de file de "l'Ecole de Chicago", il montre notamment les liens
entre progression de la masse monétaire et inflation.
G
H
I
J
William Stanley Jevons : économiste britannique
(1835-1882). L'un des pionnier du marginalisme. Il élabore une théorie
proche par bien des aspects de celle de Walras,
mais sans aller aussi loin dans son analyse de l'équilibre sur les marchés.
K
Karl Kautsky : intellectuel tchèque (1854-1938).
Disciple de Marx et Engels,
dont il poursuivi l'oeuvre en éditant le livre IV du Capital, il fonde
sa critique du capitalisme sur les effets de la propriété privée des
moyens de production.
John Meynard Keynes : économiste
britannique (1883-1946). Ancien élève de Marshall à Cambridge,
il prendra cependant le contre-pied de l'analyse néo-classique dominante.
Il donne en effet à la demande un rôle prépondérant sur l'offre (l'offre
est le résultat des anticipations sur le niveau de la demande), un rôle
actif à la monnaie et surtout conteste la perfection des mécanismes de
rétablissement automatique des équilibres sur le marché. Dans le contexte
de la crise des années trente, il croit en la possibilité d'un déséquilibre
de sous-emploi durable sans intervention de l'Etat. Il préconise donc
une une intervention directe de ce dernier pour relancer artificiellement
la demande (par les dépenses publiques ou par l'offre de monnaie, conditionnant
le niveau des taux d'intérêt). Il est donc à l'origine d'une nouvelle
conception de l'économie où l'Etat joue un rôle actif sans pour autant
se substituer véritablement aux marchés (la théorie keynésienne n'a rien à voir
avec l'analyse marxiste).
L
Arthur Laffer : économiste américain
(né en 1941). Economiste de l'offre, il est surtout connu pour ses théories
sur l'impôt, montrant que lorsque les taux d'imposition deviennent trop élevés,
une augmentation des impôts peut aboutir à une diminution des recettes
fiscales ("Les hauts taux tuent les totaux").
Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine : intellectuel russe (1870-1924).
Connu pour son rôle dans la révolution russe de 1917 et dans les premières
années de l'URSS (il est l'instigateur de la nouvelle politique économique
de 1921), il a également écrit plusieurs textes, notamment sur les phases
finales du capitalisme. Il est "l'inventeur" de la phase de
transition vers le communisme, appelée "socialisme", pendant
laquelle l'Etat joue un rôle direct prépondérant.
Frédéric List : économiste allemand (1789-1846). Il est surtout
connu pour ces théories sur le commerce international, opposées à celles
de Smith et Ricardo.
Selon lui, en effet, le libre-échange a tendance à perpétuer la domination
des nations qui ont su se lancer en premier dans une industrie porteuse.
Il préconise donc l'utilisation des droits de douane pour favoriser l'éclosion
d'industries nationales compétitives (théorie du protectionnisme éducateur).
M
Thomas Robert Malthus : économiste
britannique (1766-1834). Pasteur anglican, professeur d'histoire et d'économie
politique. Son principal ouvrage est son "Essai sur le principe
de la population" (1803). Son sujet de prédilection est donc
démographique. Selon lui, la population a tendance naturellement à croître à un
rythme trop important pour les ressources alimentaires. Selon la loi
des rendements décroissants, en effet, une faible population commencera
par exploiter les terres les plus fertiles. Mais au fur et à mesure de
la croissance de la population, on devra avoir recours à des terres de
plus en plus difficiles à cultiver et nécessitant donc de plus en plus
de ressources financières et humaines. Cela se traduit par des crises
de famine périodiques. Il en déduit qu'il ne faut pas porter secours
aux plus pauvres de manière à éviter leur multiplication... Depuis, lorsque
l'on parle de malthusiannisme, on évoque les théories qui préconisent
une limitation des naissances, ou parfois, d'une façon plus générale,
de l'offre. Dans un ouvrage ultérieur (1820), il évoquera les effets
négatifs d'une épargne trop développée. Il se distingue également des
autres économistes classiques par sa conviction que c'est la demande
qui stimule l'offre et non l'inverse comme le pense Say.
Alfred Marshall : économiste
britannique (1842-1924). Il fut un trait d'union entre les classiques
et les marginalistes. Ses "Principes d'économie politique" (1890)
constituèrent la référence des étudiants anglo-saxons jusqu'aux années
trente. Il est donc avant tout le fédérateur de théories déjà établies
(il formalisera par exemple la théorie des avantages comparatifs de Ricardo dans
son dernier livre), mais apporte également quelques idées originales
: c'est par exemple à lui que l'on doit la notion d'économies
d'échelle.
Karl Marx : théoricien allemand (1818-1883).
Connu pour avoir fondé avec F.Engels le
parti communiste, il est également l'auteur d'une théorie économique
originale, développée notamment dans "Le Capital" .
Il y montre les contradictions du capitalisme, fondé sur l'exploitation
des masses laborieuses par les capitalistes. Ces derniers, poussés par
la réduction tendancielle du taux de profit, vont chercher à toujours
accroître la part qui leur reste après distribution des salaires aux
ouvriers (la plus-value). Résultat, en voulant contrecarrer cette tendance,
les capitalistes accentuent la misère des classes laborieuses, engendrant
ainsi des crises de surproduction. Le capitalisme est donc un système
transitoire, voué à être remplacé par un système où la propriété privée
des moyens de production est remplacée par une propriété collective de
ces moyens.
Carl Menger : économiste autrichien
(1840-1921). Ses "Principes d'économie politique" constituent
l'un des ouvrages majeurs de l'école marginaliste. Il est l'un des fondateurs
de l'individualisme méthodologique, présentant l'être humain comme un être
parfaitement rationnel cherchant à maximiser sa satisfaction (l'être
humain ainsi considéré est parfois appelé homo-oeconomicus).
John Stuart Mill : économiste
britannique (1806-1873). Il est considéré comme le dernier des grands
classiques. Ses "Principes d'économie politique" (1848)
s'imposeront comme l'ouvrage économique de référence jusqu'aux "Principes" d'A.Marshall.
Fils d'un ami de Ricardo, influencé par Say dès
quatorze ans et admirateur de Malthus,
il pouvait difficilement échapper à la mouvance classique. De fait, il
en reprend les grandes idées : pour lui, le prix est fonction de la valeur
du travail qui y est incorporée. Si l'offre est limitée toutefois, c'est
le rapport offre/demande qui détermine le prix. Il est ainsi le premier à énoncer
de manière moderne la loi de l'offre et de la demande. Il rejoint aussi
les classiques sur le rôle de la monnaie (secondaire) ou sur les bénéfices
du commerce international (il prolonge la théorie de Ricardo en montrant
comment se détermine le rapport entre les biens échangés). Il est plus
tempéré pour ce qui est du rôle de l'Etat : s'il reste libéral, il n'est
pas hostile à toute forme de redistribution (mais reste contre l'impôt
progressif) et accorde une grande importance à l'éducation de la population.
Sur un plan plus général, il est également un pionnier de l'égalité des
sexes.
N
O
P
Vilfredo Frederico Pareto : économiste italien
(1848-1923). Venu assez tardivement à l'économie (il est ingénieur et
docteur en physique), il succède à Walras à l'université de
Lausanne. Il complète ainsi l'oeuvre de son prédécesseur en précisant
la notion d'optimum dans le cadre de l'équilibre général.
Q
François Quesnay : économiste français (1694-1774). Comme tous
les physiocrates, il est convaincu que seule la terre est créatrice de
richesse. Il est surtout connu pour avoir été le premier à raisonner
en termes de circuit économique à trois classes : la classe productive
(agriculteurs), la classe des propriétaires, qui vit de prélèvements
sur la première, et la classe stérile (artisans, notamment).
R
David Ricardo : économiste britannique
(1772-1823). Praticien de la bourse, il fit fortune jeune et put se retirer
des affaires à 25 ans. C'est toutefois à partir de 1809 seulement, qu'il
met son temps libre au service de la recherche en économie politique.
Son principal ouvrage est "Principes de l'économie politique
et de l'impôt" (1819). Il se situe dans la lignée d'Adam
Smith, le père du courant classique. Il s'accorde avec lui sur de
nombreux points, notamment sur le rôle de l'Etat (limité) et la nécessité d'une
fiscalité modérée. Tout en y intégrant le rôle du capital, Ricardo rejoint
A.Smith sur ce qui fait la valeur d'un bien : le travail qui y est incorporé.
Le salaire du travail non qualifié, quant-à-lui, est déterminé par la
valeur des biens nécessaires à la subsistance d'une famille (donc au
renouvellement des classes laborieuses). Comme il rejoint Malthus sur
la loi des rendements décroissants (il en déduit une théorie restée célèbre
sur l'évolution de la rente), il pense que les salaires auront tendance à augmenter,
ce qui à terme, devrait bloquer le mécanisme d'accumulation du capital
en laminant les profits. Il est également connu pour sa théorie du commerce
international montrant que tous les pays, même ceux qui n'ont pas d'avantages
absolus pour un produit, peuvent s'insérer dans le commerce international
(théorie des avantages comparatifs).
S
Anthony Samuelson : économiste américain (né en 1915), Prix
Nobel 1970. L'un des économistes actuels les plus connus, il a étudié la
plupart des grands domaines traditionnels de l'économie : la théorie
du consommateur, la théorie du bien-être, la théorie du capital, la dynamique économique,
les conditions d'équilibre des marchés, les finances publiques, la théorie
du commerce international (théorème H.O.S.). Il apparaît clairement comme
un économiste de synthèse.
Jean-Baptiste Say : économiste
français (1767-1832) et chef d'entreprise (jusqu'à 400 salariés), auteur
d'un "Traité d'économie politique" (1803). Il est
surtout connu pour avoir diffusé en France les idées d'Adam Smith. Il
se singularise toutefois par certains apports personnels. Il introduit
la notion d'utilité comme source de valeur, idée qui sera reprise plus
tard par les néo-classiques. Il considère la monnaie comme un "voile
des échanges", masquant en quelque sorte les échanges réels, qui
seuls doivent intéresser l'économiste. Enfin, il est l'auteur de la fameuse "loi
des débouchés", par laquelle il montre que l'offre crée sa propre
demande (les revenus liés à la vente, partagés entre salariés, fournisseurs
et chef d'entreprise, créent une demande d'un montant équivalent à la
vente).
Joseph Aloïs Schumpeter : économiste
autrichien (1883-1950). Fortement influencé à ses débuts par l'enseignement
des marginalistes autrichiens, il crée dès 1912, une théorie originale
de l'évolution économique. Pour lui, la croissance repose sur l'innovation,
donc sur les entrepreneurs. Comme ces innovations ont tendance à arriver
par vagues, il en fait une explication majeure des cycles économiques
et notamment des cycles longs. Il est relativement pessimiste sur l'avenir
du capitalisme, la concentration et donc la bureaucratisation des entreprises
risquant de réduire l'esprit entrepreneurial, donc l'innovation.
Jean-Charles Léonard Sismondi : économiste
suisse (1773-1842). D'abord grand admirateur d'Adam Smith, il deviendra à partir
de 1819 (avec ses "Nouveaux principes d'économie politique"),
l'un des principaux opposants au courant classico-libéral. Il ne croit
pas à à la loi des débouchés de Say et
met au contraire en avant l'importance de la demande. Conjuguée à sa
défense du rôle de l'Etat dans la régulation de l'économie, cela en fait
l'un des inspirateurs de Keynes, avec
un siècle de décalage.
Adam Smith : économiste britannique
(1723-1790), fondateur du courant classique. D'abord attiré par la philosophie,
Adam Smith marquera surtout l'économie par son ouvrage "Recherches
sur la nature et les causes de la richesse des nations" (1776).
Il y montre notamment que l'égoïsme individuel peut mener à l'harmonie
collective. C'est la "main invisible" de la concurrence qui
permet de s'assurer que ce qui est fabriqué par les uns correspond bien
aux besoins des autres. Ce sont les mécanismes de prix qui permettent
naturellement au marché de s'équilibrer. Adam Smith insiste également
sur les bienfaits que l'on peut attendre de la division du travail, permettant
d'augmenter considérablement l'efficacité de ce dernier et donc la richesse
globale. Et ce qui est vrai entre individus au niveau de la société l'est
aussi entre nations au niveau mondial : chacune doit se spécialiser dans
les produits pour lesquels elle est la plus performante de manière absolue.
Cela implique de supprimer les obstacles au libre échange tant à l'intérieur
des nations qu'aux frontières entre les pays. De manière générale, l'Etat
doit se cantonner dans ses fonctions régaliennes, les marchés assurant
naturellement le bien-être dans la société.
T
Jacques Turgot : économiste français (1727-1781). Physiocrate,
il est convaincu de l'importance clé de l'agriculture. Il préconise un
Etat minimum (la plupart des impôts, à l'époque, pèsent sur les agriculteurs)...
idée qu'il tentera d'appliquer lors de son court (1774-1776) passage
au pouvoir, comme Ministre des finances.
U
V
Friedrich Von Wieser : économiste autrichien (1851-1926).
Disciple de C.Menger auquel il succède à l'université de
Vienne, il poursuit son analyse mathématique du comportement humain.
On lui doit notamment le concept d'utilité marginale.
W
Léon Walras : économiste français
(1834-1910). Après l'échec de ses études d'ingénieur, il deviendra l'un
des plus grands économistes du XIXème siècle, mais devra enseigner à Lausanne.
Son ouvrage majeur est "Eléments d'économie politique pure" (1874-1877)
où il tente de faire de l'économie une véritable science en mathématisant
ses démonstrations. Il part d'une situation de concurrence pure et parfaire
pour montrer que dans ces conditions, non seulement il est possible d'obtenir
un équilibre général des marchés, mais que cet équilibre est le meilleur
possible pour le consommateur (il montre ainsi que dans cette situation
idéale, les profits sont nuls). Bien que considéré (et se considérant
lui-même) comme socialiste, il crée ainsi l'un des piliers de la théorie
libérale.
Knut Wicksell : économiste suèdois (1851-1926). Au départ très
inspiré par le courant néo-classique dominant à l'époque (il apporta
sa contribution aux théories marginalistes en introduisant la notion
de productivité marginale), il s'illustra surtout par ses théories monétaires.
Il fait jouer un rôle actif à la monnaie et au taux d'intérêt dans les
cycles économiques. A ce titre, il est l'un des grands inspirateurs de Keynes.